Confrérie du Guillon

Message du Gouverneur

Le vigneron vaudois écologiste dans l'âme

Gouverneur

Les médias se sont déchaînés ces derniers mois sur les effets néfastes des résidus de produits phytosanitaires (PPh) dans les vins tout en fustigeant les traitements à la vigne. En plus, deux initiatives récoltent  actuellement des signatures pour interdire en Suisse tout utilisation de PPh de synthèse dans la production agricole et viticole. Cet acharnement médiatique, peu objectif, n'a fait que créer peur et suspicion auprès  du consommateur, lui qui est toujours plus soucieux de sa santé et toujours plus passionné d'écologie. Notons toutefois qu'à l'heure où notre société n'a jamais parcouru autant de kilomètres en véhicule ou en avion et qu'elle n'a jamais ingurgité autant de médicaments qu'aujourd'hui, ces réactions de peur et de rejet à l'égard de la moindre trace de PPh paraissent quelque peu paradoxales. Autrement dit, le nouveau crédo, c'est le Bio. Si ce mouvement est à plébisciter, il faut savoir qu'il ne s'improvise pas et qu'il s'inscrit en viticulture comme un processus lent et complexe qui n'est pas facile à appliquer lorsque l'on cultive des cépages de l'espèce vitis vinifera sous nos latitudes. Sans parler de l'augmentation sensible du risque économique et des coûts. Ce que les médias oublient de relayer, ce sont les progrès énormes que tous nos vignerons ont déjà faits depuis plus de 50 ans pour constamment réduire et diminuer les traitements viticoles. Car aucun vigneron ne pulvérise par plaisir, toute intervention est coûteuse en termes de temps et d'argent.  Grâce à ces progrès spectaculaires, plus aucun insecticide, ni acaricide, n'est utilisé aujourd'hui dans le vignoble. En revanche, la lutte contre les maladies fongiques  reste problématique tant en culture intégrée (Vinatura) qu'en culture Bio. Et a contrario de certaines croyances, la production biologique impose un rythme de traitement beaucoup plus fréquent en pulvérisant des PPh bio dont l'efficacité est réduite. Ce surcroît de travail explique pour l'essentiel l'augmentation du prix des vins Bio que le consommateur, tout écologiste qu'il est, n'est pas toujours prêt à payer.

Tout cela  pour faire comprendre que le vigneron vaudois ne  s'endort pas sur ses lauriers et que la protection de l'environnement est au cœur de ses préoccupations. Chaque jour, il évolue dans une approche toujours plus écologique pour réduire au maximum l'utilisation de PPh de synthèse.  S'il est vrai que, malgré tous ces efforts, il est encore possible grâce aux techniques très sophistiquées des laboratoires d'analyse d'en déceler ici ou là des traces dans les vins du pays, il faut garder à l'esprit que ces traces correspondent à guère plus d'une cuille­rée à soupe diluée dans le lac Léman... Le consommateur peut donc savourer sans aucune crainte pour sa santé son vin vaudois préféré, n'en déplaise aux journalistes en mal de sensations.

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