Confrérie du Guillon

Propos de clavende

Le Vacherin Mont-d'Or & le Dézaley Grand Cru 2011

Philippe Bujard, Conseiller

Vous l'aurez certainement constaté avant moi, dans notre univers, beaucoup de choses vont par deux et rarement l'une sans l'autre.
Pour notre plus grande joie, souvent, comme pour notre plus grand malheur, parfois.
Pensez-donc, que serait le jour sans la nuit? La vie sans la mort? Le ciel sans les étoiles? Que seraient les pauvres sans les riches? La planète Saturne sans son anneau de gaz et de poussière?
Ou sous des aspects nettement plus réjouissants, que serait Paris sans sa Tour Eiffel? Rome sans le Vatican? Les meringues sans la double crème de gruyère?
Enfin  entre nous, que seraient les Valaisans sans Christian Constantin? Ou encore plus réjouissant que serait l'homme sans la femme? La femme créature grandiose, que serait-elle sans ses deux seins, perchée sur ses deux  jambes interminables qui sont comme des compas qui arpentent le monde? Portant au firmament des robes légères qui sont pour nous la seule chose qui tourne sur terre!
Oui mais parfois la dualité a ses mauvais côtés: les chaussures vont par deux, les chromosomes vont par deux, les mariages se font à deux... en tous cas au début l
Et  tout à l'heure, vous constaterez peut-être, ce que je vous ne souhaite pas bien évidemment, les patrouilles de la gendarmerie vaudoise vont également par deux : oui, il y a toujours un policier qui sait lire et l'autre qui sait écrire!
Enfin trêve de balivernes, il est des associations culinaires qui sont plus que des alliances gastronomiques, mais de véritables unions sacrées.
Le Vacherin Mont-d'Or, c'est tout vaudois. Enfin pour celui qui vous est servi ce soir. Car l'appellation Vacherin Mont d'or est aussi bien suisse que française. En effet la plus grande partie du vacherin est produite en France dans le Haut-Doubs.
A une seule différence typographique près, le Mont d'Or français n'a pas de trait d'union alors que l'AOP Vacherin Mont-d'Or suisse arbore le trait d'union.
Le trait d'union géographique du Vacherin est en effet le Mont d'Or, massif montagneux transfrontalier qui a vu le jour au jurassique et sur le pourtour duquel prend naissance le fromage.
Le Vacherin, disais-je c'est tout vaudois, ça voit le jour l'été à la Vallée, ça descend pour l'automne sur la Riviera pour finir dans votre assiette.
Certes ça n'a pas l'exotisme d'un gorgonzola, ni l'aristocratie d'un stilton britannique. Et encore moins l'aura d'un camembert dit Président.
C'est présenté avec discrétion et élégance dans une petite boîte en bois.
Cela dit, j'en connais en France voisine, qui aimeraient bien voir leur Président dans une petite boîte en bois!
Oui, le Vacherin c'est tout vaudois disais-je, c'est tout en nuance, crémeux à souhait, velouté à volonté, riche et onctueux. Ça a le sens de la mesure. Car, vous le savez, dans le Pays de Vaud tout est mesuré. A commencer par l'effort.
Nos amis alémaniques ont pour coutume de dire: «Les vaudois ils aiment le lac depuis le bord, la montagne depuis le bas et l'église depuis dehors».
Il fallait donc trouver pour ce fromage une élévation suprême, un catalyseur gustatif, un vin faramineux, pour une véritable eucharistie vaudoise célébrée dans ces murs depuis plus de 12 lustres, j'ai nommé le très illustre Dézaley Grand Cru.
Véritable cathédrale à ciel ouvert, ces 55 hectares de vignes juchées sur une pente incroyable, retenues par des murs vertigineux, face aux paysages féériques du bleu Léman.
Les Bourguignons l'estiment, les Bordelais nous le jalousent et les Toscans nous l'envient.
C'est le plus grand vin blanc du monde ! Nous vivons une époque inconcevable, mais avec des repères éblouissants. Alors, avant de savourer un dessert salvateur puis un café libérateur, appréciez sans heurt ce Dézaley Grand Cru et ce vacherin Mon-Bonheur !

L’article a été ajouté à votre panier !

Votre panier »