Confrérie du Guillon

Message du Gouverneur

2021: quantités inversement proportionnelles à la qualité

Gouverneur

Le millésime 2021 est caractérisé par une récolte vaudoise historiquement faible. Rien que pour le chasselas, il faut remonter à 1978 pour trouver une récolte plus modeste encore. Alors que la surface viticole cantonale reste stable, ce résultat misérable s’explique avant tout par de nombreux accidents climatologiques qui ont frappé le vignoble. Un hiver doux et sec a favorisé un débourrement rapide début avril déjà, suivi par un retour hivernal glacial qui engendra, dans les zones les plus précoces, des dégâts de gels de printemps conséquents, tout en freinant le développement de la végétation. La Côte, région au démarrage plus tardif a, de justesse, échappé à ce fléau. Puis, souvenez-vous, ce printemps abondamment arrosé qui s’est conclu par des inondations importantes, au début de l’été. La vigne n’a que peu goûté ces conditions météorologiques et la floraison, phase essentielle du cycle végétatif, s’est soldée par une forte coulure et du millerandage causant des pertes volumétriques importantes. Les fortes précipitations, associées aux températures douces de l’été, ont fait exploser le mildiou, maladie redoutable qui a réduit sévèrement une récolte déjà bien compromise par le gel et la mauvais floraison. Et pour couronner le tout, comme si le millésime n’avait pas suffisamment mis les vignerons à l’épreuve, des chutes de grêle, parfois intenses, ont dévasté plusieurs régions dont celles de Chardonne, Cully, Riex, Aigle et surtout Concise. Fort heureusement, le temps sec et chaud propice à la maturation a suivi un mois de juillet climatiquement bien compliqué. Et c’est dans la norme, soit début octobre, que les vignerons ont enfin pu, après une saison particulièrement épouvante, récolter une vendange de très belle qualité. Si le développement du mildiou réduit les volumes, il n’a heureusement pas d’incidence sur l’état sanitaire du raisin épargné. En plus, et en guise de consolation, les teneurs en sucre se sont révélées très intéressantes, entre 75 et 80° Oe pour les chasselas, soit bien au-dessus des millésimes « modestes ». Il est vrai qu’il est plus facile de faire mûrir une demi-récolte qu’une vendange généreuse. Les premières dégustations confirment ainsi tout le bien que l’on peut attendre du 2021. Il s’agit d’un millésime très équilibré, aromatique, riche et friand dans la ligne des années 2019, 2017, 2014 et 2012. Que du bonheur ! Sachons toutefois que cette très faible récolte contribue à fragiliser les vignerons déjà durement touchés par les effets de la pandémie. Il est crucial que 2022 renoue avec une année viticole plus facile et surtout plus abondante. Il en va de la viabilité économique et de la pérennité de nombres entreprises viticoles. Mais rien de tel que de rendre visite à votre encaveur préféré : il se fera un plaisir de vous faire déguster son dernier-né. C’est aussi la plus belle des manières de lui prouver votre soutien et votre attachement en ces temps bien difficiles. A votre santé !

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