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Ne mélangeons pas alcool et grand vins
L’Office fédéral de la santé publique a annoncé l'automne dernier les premiers résultats de sa collecte de données concernant la consommation de substances psychoactives en montrant qu'un cinquième de la population suisse présente un comportement à risque
en matière d'alcool, à savoir qu’ils boivent trop souvent ou régulièrement et en trop grande quantité.
Inutile
de dire que les médias, tisonnés par les milieux antialcooliques, se sont emparés de ces données
afin
d'en
diffuser le côté sensationnel tout en culpabilisant et en inquiétant une fois de plus les consommateurs raisonnables et réguliers de bons vins. Ces considérations font fi du fait que la majorité des produits alcooliques consommés sont d’origine viticole, qu'ils font partie de notre culture, de notre patrimoine, de notre histoire,
de notre gastronomie et qu'ils ne sont pas fondamentalement
nocifs, et que seuls les
abus posent problème et doivent être combattus. Oui, l'alcoolisme est un véritable fléau, celui des jeunes en particulier. Mais avez-vous souvent
vu des jeunes organiser un binge drinking au
Dézaley, à l'Yvorne
ou au Bonvillars? Non, ces saouleries nocives sont le fait d'alcools blancs importés très bon
marché, dont l'accès aux
jeunes a été rendu
possible en raison des effets pervers d'un libéralisme économique aveugle, soit le jour où les droits de
douane sur les spiritueux importés ont été abaissés au niveau
des droits appliqués aux distillats indigènes. Résultat: la production suisse est devenue moribonde et les jeunes peuvent se saouler à bon marché. Ce fléau, il
faut absolument le combattre, mais de grâce ne mélangeons pas tout
et arrêtons d'assimiler le noble jus de la treille, produit d'hédonisme, de convivialité, aux vertus sociales indéniables, au rang d'une drogue dure aux effets ravageurs. La mise à l’index indifférenciée de
l’alcool d’origine viticole et de spiritueux bon marché nuit gravement aux grands vins mais aussi aux exploitations vigneronnes , sans pour autant faire progresser
la lutte contre l’alcoolisme. Car le secteur du vin suisse souffre aujourd'hui tout autant des ultras de la prévention que de la concurrence
étrangère. La philosophie de notre Confrérie, c'est donc bien d'améliorer la connaissance des vins vaudois
en les mettant en valeur, en
inculquant la bonne
manière de les apprécier avec raison, modération et respect, mais aussi régulièrement. C’est bien là le meilleur acte de prévention. Car il faut toujours garder à l’esprit, n’en déplaise aux moralisateurs et aux chantres de l'abstinence, qu'une consommation régulière de vin, pour autant qu'elle soit modérée, est un bienfait pour la santé, et cela a été prouvé scientifiquement.
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